Cloverworks supremacy
Je souhaiterais rendre hommage à ce studio dont mon impression est que nous n’en parlons pas assez. Pourtant, quand on regarde le meilleur du studio:
- Rascal does not dream of Bunny girl Senpai
- The Promised Neverland
- Wonder Egg Priority
- Akebi’s Sailor Uniform
- Bocchi the Rock
- Shadows House
- Wind Breaker
- The Elusive samurai



On peut voir que chacun de ces animés a son identité. Peut-être qu’ils ne sont pas parfaits (et parfois ce n’est pas la faute du studio…) mais de chacune de ces œuvres se dégage quelque chose de spécial. Une direction artistique soignée pour une animation qui parvient à trouver sa propre identité.
The Elusive Samurai ne fait pas exception. Il fait partie intégrante du studio et fait pour moi, dans sa démarche, partie du très haut du panier. Graphiquement, le travail du studio touche souvent l’exceptionnel. Que cela soit le color-grading, la mise en scène ou l’animation en elle-même, rien n’est laissé au hasard. On peut aimer ou pas mais on ne peut que respecter la quantité et la qualité de travail fournie par le studio. Beaucoup d’images sont semblables à des peintures voire des estampes et ont un sens du détail qui est de l’ordre de l’incroyable et la quantité de ces images là fait que notre regard s’en retrouve régulièrement émerveillé.
CGI
Toutefois, The Elusive Samurai n’est pas exempt de tout reproche. Il y a des scènes où les personnages sont en CGI et, on ne va pas se mentir, ce n’est pas extrêmement beau. Ce n’est pas aussi choquant que dans Berserk (qui doit être le pire exemple) ou Eighty-Six, et cela, en vérité reste dans le domaine de l’acceptable pourtant, cela viendra dénoter avec les scènes qui n’en sont pas pourvus. Il y a un travail tout de même pour que cela soit bien maquillé ou que cela soit utilisé sur des scènes avec peu de mouvements. Mais la CGI est présente tout en étant pas la meilleure que l’on ait pu voir (voir le studio Ufotable). On peut imaginer cela comme un compromis afin d’avoir un rapport qualité/temps de production qui reste acceptable. C’est dommage mais c’est ce qui différencie une série d’un film où il y a moins de contenu à réaliser mais obligatoirement une qualité supérieure. Si j’essaie de comparer au même style, je pourrais parler de Princesse Kaguya ou de n’importe quel film Ghibli en réalité où le travail est peut-être tout aussi qualitatif que pour The Elusive Samurai mais le nombre de scènes à animer inférieure lui permet d’avoir une qualité supérieure sur tout le film.

Une bonne histoire mais…
Si on parle de l’histoire en elle-même, et donc ce n’est peut être pas la faute du studio, on peut à certains moments éprouver une certaine lourdeur de l’humour utilisé. C’est assez répétitif et on gagnerait à ce qu’il y en ait quand même un peu moins. Cela n’est pas rédhibitoire mais certaines scènes mériteraient à rester sérieuses pour nous plonger dans la réalité dramatique de l’histoire. Alors oui, je comprends que cette histoire ait de l’humour et je n’ai aucun problème avec son utilisation en général mais quand on veut que le spectateur ressente l’enjeu, quand on veut que le spectateur ait de l’empathie pour les personnages, il ne faut pas dédramatiser une situation à tout va. Sinon on tombe dans le même écueil que Marvel avec le Marvel Cinematic Universe.
Bien sûr si j’ai apprécié The Elusive Samurai, c’est parce que nous n’en arrivons pas là. Mais c’est tout de même un point d’attention pour les prochaines saisons car ce point est assurément clivant et moi qui aime à ressentir l’enjeu dans une histoire, je risque de ne pas continuer.
Sinon globalement, nous sommes plutôt assez bien immergés dans le Japon féodal et on ressent bien la dureté d’une vie à cette époque entre les luttes qui ne sont finalement que des luttes d’ego et de pouvoir. Où finalement pas grand monde à part les nobles n’y trouvent leur intérêt. Où les peuples ne sont que les otages de ceux qu’ils servent. Il y a un côté salissant à The Elusive Samurai qui ne me laisse pas indifférent et qui dénote avec l’omniprésence de couleurs saturées, parti pris que je trouve intéressant.

Les personnages sont intéressants et il n’y a pas de mauvais ou de bons personnages. Cette absence de manichéisme permet au spectateur d’avoir sa propre interprétation et d’apprécier ce qu’il y a à apprécier chez chaque personnage. Leur humanité finalement, les rapproche de nous et nous permet de comprendre les convictions de chacun, aussi mauvaises peuvent-elles être. Nous pouvons ne pas les accepter mais nous pouvons voir sous quel prisme et par quel cheminement celles-ci se sont installés chez la personne. Comme l’exemple de la personne dont le père refuse de lui donner un terrain, où cette dernière finit bandit pour pouvoir avoir sa propre maison. Tout cela parce que cet événement a nourri cette volonté à l’intérieur de cette personne. Néanmoins, la précarité et le désespoir l’ont amené à plonger dans les profondeurs de l’humanité. Parce qu’il n’y voyait pas d’autres choix pour atteindre son but. À la fin de l’histoire de cette homme, il y a une rédemption. Et elle est d’autant plus belle que ce qu’elle a vécu amène finalement à mieux apprécier son parcours et à voir sa fin comme un point culminant.
Conclusion
J’ai aimé The Elusive Samurai. J’ai aimé la proposition, certes imparfaite mais avec cette originalité et cette sensibilité au travers du dessin et de l’histoire qui parvient à m’émouvoir. Il y a une volonté de toucher avec l’image qui est admirable. L’expérience de The Elusive Samurai est unique et c’est tout ce que nous pouvons attendre d’une œuvre, qu’elle parvienne à exister par elle-même.
